Ce qu'écrit par Prowler sur le 1100

Aller en bas

Ce qu'écrit par Prowler sur le 1100

Message par misteR1100S le Dim 12 Juil 2009 - 13:14

BMW R1100S

Nuages, averses, éclaircies... un vrai temps de mars. La dernière giboulée a laissé place à un grand soleil et ça me décide finalement à aller chez Sport Garage (concessionnaire BMW à Montlhéry) qui m'ont invité pour leur journée porte ouverte, malgré ma mine patibulaire mais presque de rôdeur à l'affût d'un essai moto.

La concession à peine ouverte depuis 15 jours fleure bon le luxe discret avec ses parquets, fontaine, mur en bambou et plantes vertes. Ca et là trônent le nouveau R1200GS, un K1200RS, un R1150R Rockster, un R850R, un R1150R,... et un splendide R1100S bicolore jaune-gris !
A l'extérieur, un petit groupe rentre d'un essai : c'est avec plaisir que j'y aperçois un R1100S, non disponible auparavant à l'essai. Un petit café pour patienter, signature du formulaire de prêt. Mes accompagnateurs du jour (deux flics en civil ! Pourtant j'vous jure, j'ai rien fait !!) se remettent de leur précédent essai (et de la giboulée de grêle qu'il ont pris sur le coin du nez), et on y va. Enfin non, on fait un détour par l'atelier (mais non, pas pour réparer bande de mauvaises langue !) pour faire le plein. La R1100S trône magistralement sur le parking, dans une belle livrée bleue sombre. Bras oscillant type mono-bras intégrant le cardan, Paralever, Télélever, double échappement sous la selle, moteur Boxer... toute la technologie BMW sur une sportivo-GT méconnue et peu courante. Contact... démarreur ? Il est où le démarreur m'sieur l'agent ? Ah, le tout petit bouton sur le dessus du commodos de droite sur le levier de coupe circuit pas bien accessible, ça doit être ça. Allumage des feux ? Il y'a bien le bouton de phares et l'appel de phare mais rien pour les veilleuses ou les codes. J'en conclus qu'ils doivent s'allumer tout seuls. Les boutons clignotants ? Celui de droite à droite, celui de gauche à gauche, juste sous le klaxon "Tuuuuuuuuuut !!!", Oups !), les warning sur le dessus du commodo de gauche et un bouton de rappel de cligno en bas à droite, plutôt mal foutu, car nécessitant une petite contorsion du pouce. Côté tableau de bord, rien de plus classique (compteur, compte-tours et voyants), voire même tristement minimaliste pour une BM (pas de jauge à essence, ou de température, pas de poignées chauffantes, pas d’autoradio, pas de clim…). Contact, démarreur ! Le moteur boxer s'ébroue instantanément, exhalant une très discrète sonorité de deuche. Les vibrations sont étonnamment bien filtrées mais le couple de renversement bien sensible à la mise des gaz à l’arrêt, un petit hoquet poussant irrémédiablement la moto sur sa droite. Dé-béquillage (qu’elle est loin devant cette béquille ! On se croirait sur un custom !), première (« shclac ! ») et l’équipage s’élance. Sortie du parking, remontée des files de voitures à un rythme on ne peut plus prudent ; c’est qu’ils ont pas leur gyro les deux là ;-). Le moteur est incroyablement souple et doux à bas régime. Pas d’à-coup, pas le moindre cognement, pas de remontée parasite provenant du cardan… C’en est presque décevant, il n’y a rien à gérer. C’est souple, lisse et policé… trop parfait quoi. D’un autre coté, la prise en main est évidente, contrairement aux commodos, certes logiquement disposés mais pas forcément très facile d’accès. Les rétroviseurs sont loin devant, sur le dessus de la bulle et offrent une assez bonne vision. Les bracelets pas spécialement bas donnent une position légèrement basculée sur l’avant sans que l’appui sur les poignets soit important (quoiqu’avec le manque d’habitude). La selle est large et confortable. La moto et ses 229kg tous pleins faits se laisse agréablement manier avec son centre de gravité bas placé. C’est loin du petit roadster comme ma Raptor qui se jette à l’intérieur au moindre effleurement du guidon, mais il n’est nul besoin de payer de sa personne pour inscrire la belle en courbe. Le châssis semble sain. Le freinage avant comme arrière (sans ABS ni aide au freinage d’urgence sur ce modèle) est puissant et bien dosable quoiqu’à mon goût pas assez mordant pour un usage sportif. La suspension avant Télélever filtre agréablement les inégalités de la route, sans choc, sans rudesse et permet surtout des freinages avec une étonnante sensation de sécurité car sans écrasement de l’avant. Le Paralever accouplé au cardan joue aussi son rôle à merveille, empêchant l’arrière de se lever à l’accélération ou de s’écraser au rétrogradage, conservant ainsi un comportement habituel pour tout utilisateur de moto à transmission par chaîne ou courroie. Le rythme de mes accompagnateurs est hyper sage, coulé (ils doublent même pas sur les lignes blanches !)… et je me laisserai presque bercer par le confort et le doux ronronnement de flat-twin, limite déjà déçu par le peu de sensations qu’il distille. Sortie de village, route dégagée, mon escorte me lâche brusquement. « Oh ! », « schclac ! » un rapport « BeeeeuuuuuUUUH ! » l’aiguille du compte-tour daigne enfin à s’affoler et les quelques 98cv et 9,7mkg à se faire sentir. S’il est lisse et onctueux pour un gros bi en bas, le boxer 1085cm3 à 4 soupapes par cylindre n’en rechigne pour autant pas a aller chercher la zone rouge, semblant comme peu à peu abandonner sa douceur de fonctionnement pour un caractère plus affirmé (sauf niveau bruit, toujours décevant). La rudesse du cardan refait même ses apparitions sur les rétrogradages un peu appuyés. La boite de vitesses est un peu sèche, surtout au regard du confort de reste de l'engin ; l’allonge moteur est toutefois appréciable et évite d'avoir trop à en jouer. Le compteur affiche bien vite des vitesses passibles d’un passage par la case prison (m’en fout, ils sont flics eux et moi j’dois suivre ! J’sais pas où on est) alors que la protection aérodynamique fait (pour un conducteur habitué aux roadsters dépouillés) bien son effet : les pieds derrière les culasses, les mains derrières les excroissances des clignotants, le haut du casque à peine secoué par les turbulences. C’est tout bonnement reposant et on pourrait presque cruiser à ce rythme jusqu’au prochain passage à la pompe… alors que mon ouvreur s’aplatit désespérément sur le réservoir de son R1150R : 180, 190, 200 (sur l’autoroute allemande des petits patelins de l’Essonne bien entendu) nez dans la bulle : on ne sent rien. Le bruit du moteur est complètement noyé dans le sifflement du vent, la moto semble rivée au sol. On pourrait presque piquer un petit somme… jusqu’au prochain freinage (bien à plat), enchaînement de virages et de rond-points, remise des gaz.

La moto est finalement assez vive pour une pseudo sportive et permet aisément une correction de la trajectoire une fois sur l’angle. Sans aller jusqu’à distiller un violent coup de pied au cul, le couple finit par tirer sur les bras pour peu qu’on violente un peu la poignée de droite. Les routes à peine sèchantes incitent pourtant à la prudence et une bonne averse met rapidement fin aux élucubrations. Plus la peine de faire le malin avec une moto à plus de 12 000 euros entre les mains. Bref, une bonne moto… une trop bonne moto. On se croirait sur un rail à son guidon. Rien ne vient perturber la tenue de route et le confort. Aucun reproche à en faire (si ce n’est le prix), mais du coup pas forcément d’éloges époustouflées non plus à en faire sur si peu de kilomètres. Je dirai même que ça manque de caractère, de rugosité, de hargne, et de brutalité pour un gros bicylindre pseudo-sportif… Peut-être pour dans 20 ans quand j’aurai le cul tanné et le portefeuille bien rebondi ; ou alors avec un bloc un peu tapé genre Boxer Cup.

Points forts :


  • look décalé pour une sportivo-GT
  • polyvalence
  • confort
  • souplesse moteur



Points faibles :


_________________
...à pied
avatar
misteR1100S
Villebrequin

Age : 49
Localisation : Besançon (25)
votre monture : à pied et en saab
Humeur : Je rêve de soleil, je dois vieillir !

http://bmist.forumpro.fr/index.htm

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum